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21/03/2012

The Woman, the Hound, the Fall (1)

Profitons de son arrivée sur France 4 à partir de ce soir pour tirer enfin "quelques" propos cohérents de mes 20 000 revisionnages de la saison 2 de Sherlock.

Sherlock, j'en avais déjà parlé il y a bien longtemps en des termes très légèrement dytirambiques. Depuis, j'ai réussi à survivre à l'attente entre les deux saisons, avec pour seules séquelles une replongée dans l'oeuvre de Conan Doyle et une exploration sauvage de la filmographie de Benedict Cumberbatch, et la série s'est faite une place dans mon petit panthéon personnel des séries cultes. Une place qu'elle n'est pas prête de se faire disputer, car si la saison 1 était déjà un chef d'oeuvre en soi, la saison 2 atteint un sommet de perfection assez hallucinant. Sherlock, c'est donc toujours une saison de 3 épisodes de 90 min chacun transposant le héros de Conan Doyle dans le Londres du XXIème siècle. 3 épisodes par an, on est en droit de trouver ça un peu frustrant, mais finalement c'est la dose idéale: d'abord parce que vu l'état dans lequel ça me met, c'est peut-être mieux que cela ne dure que 3 semaines, et ensuite parce que privilégier la qualité par rapport à la quantité n'est pas si courant que cela à la télévision, et une telle qualité, encore moins.

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Cette fois-ci, Steven Moffat et Mark Gatiss ont décidé de se faire un gros plaisir en adaptant d'un coup trois des histoires les plus mythiques des aventures de Sherlock Holmes: A Scandal in Bohemia où l'on rencontre la seule femme à avoir jamais réussi à intéresser Sherlock Holmes, et surtout, à le surpasser, The Hound of the Baskervilles qui fleure bon la lande brumeuse et les malédictions familiales, et The Final Problem qui avait permis à Conan Doyle de faire mourir son héros dont il commençait à trouver la notoriété envahissante. A priori rien à voir, pourtant il ne s'agit pas du tout d'une suite d'épisodes sans aucune connexion, mais bien d'une saison cohérente, avec des liens narratifs et surtout thématiques encore plus forts que pour les 3 épisodes précédents. En effet, après avoir passé la saison 1 à nous montrer comment un gros sociopathe parvenait à redonner goût à la vie à un ancien soldat traumatisé par la guerre en Afghanistan, la saison 2 nous permet de découvrir que, sous son regard glacé et son manteau noir, le-dit sociopathe est en fait bien un être humain, avec genre des sentiments qui font faire des bêtises et rendent les yeux humides et tout. Bref, Moriarty avait raison, Sherlock a un coeur, et on peut dire que ça le fait bien chier, et que ça va lui attirer quelques bricoles...

 

A Scandal in Belgravia

(scénarisé par Steven Moffat)

(Il va de soi que ça spoilerise à tour de bras...)

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Après une résolution de cliffanger que je me contenterais de qualifier de sublime, nous retrouvons Sherlock et John à la recherche d'une enquête intéressante à se mettre sous la dent. Il faut dire que le blog de Watson fait un peu le buzz, et que notre détective privé commence à avoir du mal à bosser discreto, au point d'être parfois obligé de se dissimuler sous un affreux deerstalker, ce qui plait beaucoup aux journalistes, et permet, sous le couvert d'une gentille blagounette-clin d'oeil, de montrer que le Holmes mythique n'est plus très loin... Car oui, notre petit Sherlock est en train de devenir un héros, au point d'attirer l'attention de Buckingham Palace qui le réquisitionne de force pour lui demander de récupérer un téléphone portable contenant des photos bien compromettantes: celles d'une jeune membre de la famille royale (mais nous ne voyons pas du tout qui cela peut être, nous nous contentons de pouffer discrètement...) en compagnie d'une domnatrix professionnelle, Irene Adler. Seulement voilà, non contente d'être pleine de ressources et particulièrement bien faite de sa personne, Miss Adler est aussi d'une intelligence remarquable, et ça, ça fait particulièrement kiffer un Sherlock toujours en quête de camarade de jeu digne de lui. Et forcément, ça va mal tourner...

 

"-Just once, can you two behave like grown-ups?
 -We solve crimes, I blog about it, and he forgets his pants, I wouldn't hold out too much hope..."


Cette fois-ci plus besoin de nous présenter l'univers de la série, de faire connaissance avec les personnages, ou de vérifier si Conan Doyle au XXIème siècle ça marche, et c'est donc avec un plaisir gourmand que nous retrouvons John et Sherlock maintenant définitivement colocataires, collègues et amis, se balançant des vannes au coin du feu et se pourrissant gentillement mutuellement la vie. La petite famille qu'ils constituent à présent avec Mrs Hudson est juste fondante de choupitude, surtout lorsqu'elle s'agrandit pour inclure d'autres grands losers à l'occasion de Noël, ce qui permet une nouvelle fois à Sherlock de briller par son tact, et à Watson par son goût en matière de pulls... Bref, c'est un bonheur de retrouver ce petit quotidien bien huilé, à la fois tellement normal et légèrement décalé, et ces petites scènes de la vie de tous les jours si importantes pour faire exister ces magnifiques personnages.

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(Juste un jour normal dans la vie de Sherlock & John...)

Mais si passer 1h30 à voir John, Sherlock et Mrs Hudson prendre leur petit déjeuner en se balançant des mots doux pourrait suffire à notre bonheur, l'épisode ne se limite bien sur pas à cela. On retrouve bien tous les éléments emblématiques de la (courte) nouvelle originelle, développés au sein d'une intrigue complexe et passionnante qui se révèle par petites touches, ce qui donne à l'épisode un rythme original mais effrené, avec une première partie plus légère et hétéroclyte, tandis que la deuxième nous plonge vraiment dans les enjeux les plus terribles de l'histoire, en rassemblant progressivement les fils de toutes les pistes vers un magnifique dénouement. Si les scènes de bravoure sont légions, je pense quand même garder une faiblesse particulière pour celle se déroulant à Buckingham Palace, tant elle contient à elle seule tout ce qui fait les qualités de cet épisode, et même de la série en général: l'amitié profonde qui lie John et Sherlock qui gloussent comme des nazes sur leur canapé, les rapports merveilleusement sains qu'entretiennent les frères Holmes, et l'intrigue qui se met joliment en place en mettant déjà en parallèle, par un montage alterné, Sherlock et Irene, montrant à quel point ils sont dès le départ le reflet l'un de l'autre... J'en profite tant que j'y suis pour saluer la fabuleuse mise en scène de Paul McGuigan, toujours aussi inventive, moderne et élégante, et de manière général tous les aspects techniques de la série, qui n'ont absolument rien à envier au cinéma (ce serait même plutôt le contraire...), du soin apporté au son et à la musique (un jour j'arriverai peut-être à écouter le thème d'Irene sans avoir envie de partir sangloter dans un coin sombre...) au soucis du détail que l'on perçoit dans les décors (je pense que maintenant on a tous envie de retapisser son appart avec des grosses rayures à fleurs, de poignarder le plateau de jeu du Cluedo au mur, et d'accrocher la classification périodique des éléments au dessus de son lit...).

 

"He's writing sad music. Doesn't eat. Barely talks, only to correct the television. I'd say he was heart-broken but well, he's Sherlock, he does all that anyway."


Toute cette histoire est surtout l'occasion de lancer l'une des grandes thématiques de la saison: Sherlock s'humanise, lentement mais sûrement, et cela va être pour lui à la fois une force nouvelle et une faiblesse de plus. Bon, pas d'inquiétudes, il reste le même bon vieux gros relou qui fait passer ses enquêtes avant tout et n'a que peu de considération pour les conventions sociales. Mais lorsque Mycroft nous apprend que, enfant, son brave frangin, qui aurait pu devenir un grand philosophe ou un scientifique, rêvait surtout d'être un pirate (*insert cute mental image here*), on est à peine étonnés: au fond son affection pour l'aventure, pour le romanesque, et pour les petits travers des gens normaux est aussi importante que son goût de la logique et de la rigueur scientifique.

Steven Moffat a dit lui-même qu'il souhaitait, avec cet épisode, développer ce thème en explorant les rapports de Sherlock avec l'amour, car si ce dernier prétend avoir un rapport purement intellectuel au monde, c'est un sentiment qui ne lui est pas non plus complètement étranger. Il y a bien sur l'amitié indéfectible qui le lie à présent à John, et malgré les chamailleries et les petits coups bas, on sent très bien la relation d'égal à égal qui unit ces deux hommes pourtant si différents. Tout occupé à montrer le duel explosif qui oppose les deux flamboyants grands malades que sont Sherlock et Irene, on peut avoir le sentiment que cet épisode met un peu John en retrait, mais au fond il est toujours bien présent, et toujours là où il faut. D'abord mi-fasciné mi-amusé de voir son BFF confronté à une représentante particulièrmement entreprenante de la gente féminine, il essaye de pousser Sherlock à "normaliser" cette relation, tout en comprenant très bien que c'est en pure perte, et il va jusqu'à se mettre franchement en colère lorsqu'il se retrouve confronté à une Irene Adler revenue d'entre les morts qui a osé jouer avec les sentiments de son coloc chéri. Absent lors de la confrontation ultime entre les deux oiseaux rares, c'est pourtant lui qui devra finalement décider de la meilleure conclusion à apporter à cette relation, et même si Sherlock l'a devancé sur ce coup-ci, ce dernier n'en ignore pas moins la décision prise par son ami de lui offrir un joli mensonge plutôt qu'une triste vérité.

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(réunion mensuelle du fanclub officielle des pommettes de Sherlock)

L'amour dans Scandal in Belgravia, c'est aussi l'amour filial que Sherlock porte à Mrs Hudson, vieille dame absolument adorable en qui il a une totale confiance et à qui il vaut mieux ne pas toucher si on ne veut pas se retrouver à traverser la fenêtre de Baker Street. Plusieurs fois de suite. Autant vous dire que je la trouve grave adorable et que je songe sérieusement à demander à Una Stubbs de m'adopter. C'est également l'amour adorateur que lui porte Molly et qu'il est le seul à ne pas voir. J'en profite au passage pour clamer toute l'affection que j'ai pour ce personnage magnifique: dans la saison 1 je me délectais honteusement des horreurs que lui balançait systhématiquement Sherlock histoire de la manipuler un peu, mais dans la saison 2 la scène de Noël m'a directement pourri mon groove, et cela ne devient carrément plus drôle, tant on réalise à quel point ce personnage est touchant et parvient à garder une certaine noblesse malgré tout ce qu'elle se prend dans la figure. Maladroite mais pas conne, un peu naïve mais lucide, discrète mais pas effacée, elle restera, au bout de 6 épisodes, l'une des personnes qui aura le mieux compris Sherlock Holmes, et qui l'aura soutenu quoiqu'il arrive, et ça, c'est un tout petit peu la classe Miss Hooper.

 

"The damsel in distress. In the end, are you really so obvious? Because this was textbook. The promise of love, the pain of loss, the joy of redemption, then give him a puzzle, and watch him dance."


Mais au centre de toutes ces questions, il y a bien sur la fameuse Irene Adler. J'ai le sentiment que le personnage a quelque peu fait débat, (et pas seulement auprès des cinglés qui pensent que c'est scandaleux qu'une femme (et des scénaristes peu coopératifs) empêche Sherlock et John de vivre leur amour physique au grand jour...) mais personnellement j'ai été absolument conquise par la manière dont La Femme a été traitée. Limite je suis à deux doigts de sortir les gifs à paillettes.

Je faisais confiance à Moffat pour éviter l'habituel écueil de transformer son histoire avec Sherlock en une pure romance sans grand intéret, et si il m'a donné quelques sueurs froides, je crois que je n'aurais finalement pas pu être plus satisfaite du résultat. Bon j'avoue que lorsque j'ai appris que la chanteuse/aventurière était devenue une prostituée de luxe à tendance SM (bon ok, avec le recul, si ça se trouve, on est pas si loin...), j'ai légèrement levé les yeux au ciel tant je voyais déjà arriver le coté "c'est une femme forte donc elle se sert du sexe comme arme, parce que c'est le seul moyen pour une femme d'avoir le pouvoir blablabla" à toute allure avec son lot de gros stéréotypes follement novateurs. Mais tout cela est traité avec une finesse remarquable. D'abord on se rend compte assez rapidement qu'Adler n'est vraiment pas la moitié d'une conne, et qu'en fait, dans notre société actuelle, connaitre les petits secrets crades des grands de ce monde, c'est un peu un super moyen de les avoir à ses pieds et de se faire une bonne petite place au soleil, tout en se faisant plaisir au passage. Ensuite, en faire une dominatrix plus qu'à l'aise avec son corps permet d'ajouter une touche de sensualité à l'histoire qui l'enrichit fortement. Dans la nouvelle de Conan Doyle, Adler et Holmes ne se croisent finalement jamais vraiment, ils sont toujours déguisés et ne sont donc jamais réellement confrontés l'un à l'autre: c'est donc bien un pur jeu d'esprit qui les oppose et dont Irene Adler sortira gagnante. Mais ici le combat intellectuel se fait aussi sensuel. Ce n'est pas juste pour le plaisir d'offenser Watson (et une (minuscule) partie du public grand-briton...) qu'Irene se balade à poil chez elle, c'est aussi un moyen de dérouter Sherlock, de l'empêcher d'utiliser ses fameux pouvoirs de déduction, et de vérifier si il suit un peu en lui révélant ainsi au passage le code de son coffre fort... Et au final ce sont ses sens qui trahiront Irene Adler, en offrant à Sherlock des preuves physiques des sentiments qu'elle éprouve pour lui. Bref, cet épisode est un tout petit peu super sexy quoi, plein de beaux moments de sensualité, d'intelligence et d'émotions compliquées, le comble pour un Sherlock Holmes on pourrait dire, mais cela colle en fait tellement bien...

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Irene Adler, c'est avant tout un miroir de Sherlock Holmes, et c'est ce reflet particulièrement troublant qui va les fasciner et les perdre chacun à leur tour. Ce sont tous les deux des personnages plus grands que nature, qui font leur chemin à travers le monde avec pour seules armes leur intelligence exceptionnelle et leur capacité à lire les gens d'un simple regard. Tout cela avec une classe folle et un détachement un peu cool qui leur donne l'impression d'être au dessus de tous ces faibles humains qui se laissent si facilement dominer par leurs émotions et leurs désirs. Du coup, c'est sans méfiance qu'ils se lancent au départ dans cette nouvelle affaire qui, a priori, n'a pas l'air bien différente des précédentes: Irene veut juste utiliser les données qu'elle garde sur son téléphone, et pour cela elle a besoin de Sherlock pour les comprendre, et de Mycroft pour transmettre son chantage au gouvernement, et Sherlock lui cherche seulement à percer le mystère qui entoure ce fameux téléphone qui se révèle rapidement bien plus précieux qu'il le pensait. Mais ils se laissent progressivement tous les deux prendre au piège des sentiments: Sherlock en perdra un round, et Irene la partie. Mais n'est-ce pas un tout petit peu abusé de sa part de lui faire la morale en lui jouant le couplet du "ton coeur ne devrait pas diriger ta tête, ça t'apprendra bitch" à la fin? (Je dis ça, mais je suis raide dingue de cette terrible scène...) Lui qui a voulu faire son beau gosse en déchiffrant le code qu'elle lui avait filé en moins de temps qu'il n'en faut pour poser un bisou sur sa joue de vierge effarouchée? Et que dire du léger bad suite à l'annonce de la (fausse) mort d'Irene où il est quand même à deux doigts de passer ses journées à pleurnicher en mangeant de la Ben & Jerry's devant Love Actually?

Bref, la Femme s'est faite avoir par ses sentiments, mais l'Homme a vécu exactement la même chose. J'aurais tellement détesté qu'elle soit vraiment ce qu'elle prétend être: une froide femme fatale sans coeur qui a manipulé Sherlock avec ses textos et ses mots doux pour finalement lui confirmer que les femmes sont toutes des salopes et que l'amour ça craint. Ici ils se sont laissés prendre au jeu ensemble, sont restés sur la même longueur d'ondes jusqu'au bout, et à la fin, là où la Adler de la nouvelle parvenait à devancer Holmes, ils gagnent tous les deux contre le monde entier en trompant même Mycroft pour qu'Irene ait la vie sauve. Je sais que certains trouvent cet ultime retournement légèrement too much (genre Sherlock n'a que ça à glander d'infiltrer des cellules terroristes pakistanaise sans que John ni son frère ne s'en rendent compte... Remarquez, pour lui, ça doit être l'équivalent de se faire un Tetris entre deux taffs plus compliqués), pour ma part je la trouve bien chouette, et à la démesure de ces deux superbes personnages. Au final, était-ce de l'amour? Peut-être pas vraiment, plus une sorte de fascination mutuelle entre deux être si semblables, deux âmes soeurs dont les points communs ont transcendé, l'espace de quelques mois, les affaires d'état et les préférences sexuelles (ou l'absence de préférence, parce que, sérieux, quand Sherlock disait que c'était pas son rayon, ben il déconnait pas...) Une petite bulle qui a permis au mythe de La Femme de s'installer, et à Sherlock de s'ouvrir un peu aux autres, ce qui se révèlera assez tragiquement important pour la suite...

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Bref, je sais, j'ai légèrement craqué sur la critique (si vous l'avez lu en entier, bravo, vous méritez une belle photo de Benedict Cumberbatch, ou de Martin Freeman selon là où se situent vos convictions), mais j'aiiiiiiime cet épisode (ah bon??) qui reste probablement à ce jour mon préféré de toute la série. Je n'ai jamais douté de la capacité de Moffat et Gatiss à faire aussi bien que la saison 1, mais les voir transformer l'essai de manière aussi magistrale a été juste jouissif. J'essaye de revenir très vite, et de manière moins... pesante avec la critique de l'épisode 2, et en attendant, stay sherlocked! :D

23:27 Écrit par Eledhwen dans Séries | Lien permanent | Commentaires (10)

07/03/2012

Burtonarium...

Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

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Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

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Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

Tim Burton, Cinémathèque, Exposition, MoMA

(Photos de l'Exposition Tim Burton à la Cinémathèque Française, prises pour Tim-Burton.net)

09:56 Écrit par Eledhwen dans Boîte à images, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

27/02/2012

Tinker, Tailor, Soldier, Spy (La Taupe)

Le film divisant pas mal, j'éprouve une très forte envie de ramener ma fraise .

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C'était une de mes grosses attentes de ce début d'année, depuis que j'avais vu la bande-annonce lors de son passage au festival de Venise, et que j'avais eu le bonheur de découvrir son casting parfait à la limite de l'orgie britanniquophile.... Et bien après deux visionnages, je fais définitivement partie des convaincus, j'ai même adoré, et c'est un de mes gros coups de cœur de ce début d'année. Après, une histoire d'espionnage au moment de la Guerre Froide, l'Intelligence Service, la fine fleur des acteurs britanniques serrée dans des beaux costumes gris, limite on dirait que c'est un film fait exprès pour moi . On reproche beaucoup au film (et à John Le Carré en général d'ailleurs) d'être incompréhensible, mais honnêtement je l'ai trouvé bien plus facile à suivre que la plupart des autres films du genre. Alors c'est sur, il faut s'accrocher un peu, et c'est un film qui prend son temps, mais c'est aussi ce qui fait son pouvoir de fascination. Et puis quelque part, peu importe que l'on ne saisisse pas toutes les subtilités de l'intrigue, cela fait partie du jeu, et j'ai aimé la manière dont elle se révèle par couches successives, par récits imbriqués qui se complètent ou se contredisent, par on-dits... On suit ainsi très bien les enjeux de la danse macabre qui s'installe entre tous ces agents qui vivent dans un monde à part où collègues et ennemis se confondent si facilement. Il y a quelque chose de triste, et d'un peu vain, dans cette guerre entre services d'espionnage qui s'incarne dans ces hommes gris et fatigués au point d'envahir leurs gestes les plus quotidiens. Car les meilleurs espions sont ceux qui laissent leur fonction contrôler le moindre détail de leur vie, qui sont prêts à tout sacrifier pour se fondre dans le décor, pour finir par ne même plus avoir de visage, comme l'insaisissable Karla que plusieurs ont rencontré mais que personne n'est capable de décrire... Mais en arriver là est tellement difficile, car oui, il y a des cœurs qui palpitent sous la grisaille et le poids des missions et de l'administration, et cela est rendu avec beaucoup de subtilité et d'élégance par un casting sans fautes: Gary Oldman, qui en dit tellement d'un simple regard désabusé, Colin Firth, trop flamboyant pour son bien, Benedict Cumberbatch, toujours magnifique de sobriété et de justesse, Toby Jones, Tom Hardy, John Hurt... On a envie de citer tout le monde! Et ils arrivent tous à montrer le mélange de froideur et de faiblesses qui caractérise ces personnages, tout en leur donnant chacun une personnalité propre.

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Enfin je trouve le film absolument magnifique visuellement: c'est sur que ce n'est pas hyper festif, mais c'est typiquement un genre de mise en scène que j'aime beaucoup: très soignées, pleine de gros plans hyper précis et de cadres étranges avec des messieurs de dos... et les décors sont superbes et apportent beaucoup à l'esthétique stylisée du film. Bref, un film très riche, intelligent et classe, si vous aimez ce genre de choses et que vous savez un peu à quoi vous attendre (beaucoup de gens ont quitté la salle en cours de route...), je le recommande fortement!

VOILA, sur ce, j'ai une note sur Sherlock qui attend toujours desespérément que je la finisse (je pense avoir atteint les 8000 pages...), et Alice Liddell m'a taguée comme une malapprite, alors il va falloir que je réponde... See you soon!

23:00 Écrit par Eledhwen dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4)