Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/09/2010

"I'm not a psychopath, I'm a high-functioning sociopath, do your research!"

SherlockTitle.jpg

Je suis profondément outrée par la conduite des créateurs de cette série.

Alors voilà, Steven Moffat et Mark Gatiss, non contents d'être des gens extrêmement doués (Gatiss est, certes, peut-être moins brillant scénariste que Moffat, mais c'est aussi un excellent acteur, et il a une tête de gros taré, ce qui compense...) et de bosser pour l'une des plus meilleures séries de tous les temps, décident, au détour d'une conversation, de lancer une nouvelle adaptation de Sherlock Holmes, tout simplement parce qu'ils sont hyper fans de l'oeuvre originale et que ça fait longtemps que ça a pas été fait etc... (à l'époque le récent, et fort potable, film de Guy Richie n'était pas encore prévu).

Ils nous pondent donc une petite merveille de 3 fois 90 minutes, mettent en place un univers passionnant, des personnages hyper attachants et des intrigues bien palpitantes comme il faut... Bref, tout ce qu'il faut pour  séduire le pauvre sériephile déjà fortement affaibli par la traditionnelle disette sériesque estivale. Or, une fois que l'on est devenu bien bien accro, voilà que ces deux odieux personnages nous laissent totalement en plan au bout de trois épisodes de pur bonheur, et surtout, après un putain de cliffhanger de la mort qui tue sa race. Le genre qui vous laisse scotché à votre fauteuil avant de vous faire hurler dès que vous avez enfin retrouvé la force de ramasser votre mâchoire. Ces gens n'ont donc aucun sens moral? Leur sadisme ne connait donc aucune limite??

Heureusement, vu l'immense succès public et critique rencontré par la chose (il parait qu'une communauté de malades s'est formée sur internet, mais comme je n'ai toujours pas compris comment marchent Twitter et Tumblr, j'ai un peu de mal à m'en rendre compte par moi-même...) une saison 2 est d'ores et déjà prévue, mais ça nos deux lascars n'étaient pas censés le savoir au moment du clap final, et il faudra probablement attendre un an avant de la voir, ce qui équivaut à environ 8000 siècles sur la planète de l'Hystérie Fanatique où j'ai l'infortune de vivre.

Tout cela est proprement scandaleux, que Steven Moffat et son génie soient maudits sur 30 générations.

Reste que c'était quand même vachement bien...

218476adapt.jpg

Sherlock est donc la dernière adaptation en date des oeuvres d'Arthur Conan Doyle. Diffusée cet été par la BBC (amen), elle a beaucoup fait parler d'elle, notamment parce qu'il s'agit de la première véritable adaptation “modernisée” des aventures du célèbre détective, puisque ce Sherlock-ci évolue dans le Londres du XXIème siècle.

J'avoue qu'au début cette idée fait un petit peu peur, et que j'étais la première à me demander si Holmes pouvait vraiment rester Holmes hors de sa belle atmosphère victorienne. Mais en fait ça marche terriblement bien, et l'adaptation et la transposition sont tellement réussies qu'on ne les remarque même pas. Dès le départ la mini-série impose son identité propre et joue d'une manière très subtile avec le canon et leur bon siècle d'écart. A aucun moment, au cours de mon visionnage, je n'ai eu envie de comparer les épisodes avec les livres, et pourtant, quand on y regarde d'un peu plus près, il s'agit d'une adaptation extrêmement fidèle (ceci n'est évidemment que mon humble avis, je suis très loin d'être une experte en la matière...)

L'ambiance est particulièrement réussie, très sombre, sans jamais non plus tomber dans le totalement glauque, mais vraiment captivante. L'une des premières "victimes" de cette modernisation, c'est bien sur la ville de Londres, et celle-ci n'a finalement pas tant changé que cela, les procédés sont juste différents: les lumières trop vives de Picadilly Circus ont remplacées la lueur des réverbères, et les tunnels des trains les docks et les bas-fonds... La ville reste un lieu de contraste, un endroit mystérieux et incontrôlable, un écrin parfait aux mystères homlesiens. En tout cas, je trouve cette peinture du Londres moderne extrêmement réussie.

La mise en scène joue également beaucoup sur ces impression car elle est vraiment excellente, très moderne, mais pas d'une manière clipesque ou chiante, juste hyper dynamique et pleine de bonnes idées (notamment l'incrustation des sms que reçoivent les personnages sur l'écran, excellent). Je ne l'ai absoluement jamais trouvé lourde, elle est pleine de très belles images et en même temps met très bien en valeur le rythme de ces récits (j'ai particulièrement aimé la poursuite en taxi dans le premier épisode et, surtout, le très beau combat dans le Planétarium). La musique joue aussi un rôle important et elle est vraiment magnifique (j'aime particulièrement le thème de Sherlock, qui lui va très bien...)

Les intrigues sont d'ailleurs excellentes. Steven Moffat avoue que le but était de faire ça "à la James Bond" en mélangeant différents éléments des livres d'origine qui l'intéressaient, toujours de manière respectueuse, et cela marche très bien. Le premier épisode, A Study in Pink, fonctionne ainsi sur un jeu d'échos très ludique avec sa "source", et lorsque l'on a A Study in Scarlet en tête, c'est assez marrant de chasser les références: des fausses pistes du roman deviennent ici des indices concrets, on retrouve plein de petits détails, et l'histoire est proche sans être vraiment la même. Tout le monde s'accorde pour dire que le deuxième épisode est un peu plus mou du genou, et en effet l'intrigue est un un peu plus banale, mais elle reste tout à fait appréciable et permet surtout d'explorer les relations entre les personnages. Quant au 3ème, il est tout simplement génial, il m'a terrorisé, et se conclut sur une scène absolument sublime (bien qu'hyper frustrante donc, mais je ne vais pas revenir là-dessus...) sous les néons blafards et le clapoti inquiétant d'une pisicine municipale de nuit...

A-Study-In-Pink-sherlock-on-bbc-one-14305572-624-352.jpg

Mais, en plus de tous ces gros gros points positifs, l'atout majeur de cette mini-série reste l'interprétation. Je suis trop tombée amoureuse de Holmes et Watson, ils sont juste formidables tous les deux, je les aime encore plus que lorsqu'ils sont interprétés par Robert Downey Jr et Jude Law (et pourtant, j'avais de grosses prédispositions naturelles à les aimer sous cette forme-là...). Avec sa petite gueule de Monsieur Tout Le Monde, Martin Freeman fait un Watson parfait (d'ailleurs je l'ai vu dans au moins 5 ou 6 trucs, dont toutes les conneries de Simon Pegg, mais je le reconnais jamais avec sa tête de gros nounours passe-partout...) Il a un jeu très naturel, est gentil, marrant, un peu dépassé mais a aussi une part d'ombre et sait se débrouiller tout seul (on le rencontre fraîchement traumatiséepar la guerre en Afghanistan) C'est vraiment un personnage que l'on aime directement et que l'on a envie de suivre, ce qui tombe bien puisqu'on découvre toute l'histoire à travers ses yeux (c'est toujours lui qui raconte les enquètes de Holmes, mais cette fois-ci, à travers un blog.)

Quant à Sherlock il est juste génial. Par-fait. Je crois que c'est la première fois que j'arrive à comprendre son personnage direct et qu'il me plait autant, il est à la fois très fidèle à la vision que  je m'en faisais, et en même temps il colle parfaitement dans notre époque, et dans le contexte des séries actuelles. Il y a définitivement du Docteur et du Sheldon Cooper dans cet espèce d'extraterrestre génial mais asocial, qui comprend parfaitement l'humanité tout en semblant la regarder de très très loin. Un homme capable de deviner votre situation familiale rien qu'en voyant votre téléphone, qui manie textos, mms et internet comme personne, mais à qui il faut expliquer que la Terre tourne autour du Soleil, et que ça ne se fait pas trop d'utiliser ses méthodes de déduction pour prouver à une fille que son nouveau petit copain est gay...Tout comme Watson, on est partagé entre admiration et énervement, car son égo est à peu près proportionnel à son intelligence, et il peut se montrer franchement chiant, voire puérile, les caprices qu'il nous pique quand il s'ennuie donnant sérieusement envie de lui filer deux baffes et de l'envoyer au lit sans manger... (ce que cette brave Mrs Hudson essaye d'ailleurs de faire, en vain...) Avec son physique impossible, Benedict Cumberbatch est tout simplement superbe dans le rôle. Grande chose mince serrée dans un costume noir, il a le charisme et l'étrangeté nécessaire au personnage, ainsi que les yeux les plus bizarres que j'ai jamais vu, des yeux qui en disaient déjà tellement long lorsqu'il proposait du chocolat à la (plus si) petite Lola dans Atonement, et qui ici brillent d'une intelligence limite inquiétante...

Évidemment ces deux hommes qui vivent ensembles et ne se lachent pas d'une semelle ne manquent pas, à notre époque, d'attirer quelques questions, et une fois les choses mises au clair entre les deux cela devient rapidement un running gag qui donne lieu à un certain nombre de scènes et répliques assez drôles. Car c'est aussi une très belle histoire d'amitié qui nous est montrée, et on se rend rapidement compte que sous ses airs de solitaire un poil relou, Sherlock tient énormément à John et a un profond respect pour lui, de la même manière que ce dernier reste pret à tout pour aider et sauver son taré de coloc. Les seconds rôles sont également excellents, de Mrs Hudson à Lestrade, en passant par Moriarty que, en essayant de ne pas trop en dire, j'ai trouvé génial, et terriblement glaçant.

Bref, c'est que du bon! Et je ne peux que conseiller à ceux qui ne l'auraient pas encore fait de se jeter sur ce téléfilm. La bonne nouvelle c'est qu'il devrait passer dès cet automne à la télé française, malheureusement en VF, ce qui me fait un peu peur, notamment pour la très belle voix de Benedict Cumberbatch qui ajoute beaucoup au personnage (et se situe à un bon niveau 8 sur l'échelle des voix superbes, également appelée "échelle d'Alan Rickman" pour des raisons évidentes...), mais ce sera toujours mieux que rien!

Sherlock-and-violin-The-Great-Game-sherlock-on-bbc-one-14628815-624-352.jpg

20:32 Écrit par Eledhwen dans Séries | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

T'es chiante, maintenant je vais être obligée de regarder...Comme si j'avais que ça à faire !
Et le chocolat, il faut le mordre d'abord !

Écrit par : Jeanne | 06/09/2010

XD
J'ai revu la scène du coup, il est vraiment trop trop glauque dans Atonement, m'étonne pas que je l'ai pas reconnu au départ, il est moins flippant dans Sherlock... Enfin pas flippant pareil...

Écrit par : Eledhwen | 07/09/2010

lol L'Échelle d'Alan Rickman ^^ Tout à fait vrai!
J'adore cette série aussi. Il me reste le troisième épisode à voir. Benedict Cumberbatch est génial en Sherlock.

Écrit par : Maribel | 10/09/2010

Série géniale, pour moi LA série de l'année.... Benédict Cumberbaych et Marin freeman sont parfaits....

Écrit par : nina31 | 04/10/2010

Les commentaires sont fermés.