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16/10/2009

Use your imagination...

Il va falloir que je m'y fasse, mais de ce coté de la Manche les films sortent le vendredi. Et aujourd'hui c'est la folaïe puisque sort le dernier film de Terry Gilliam, The Imaginarium of Doctor Parnassus. sunny

Dire que ce film est très attendu serait un doux euphémisme...

Déjà, parce que Gilliam étant connu pour être un des réalisateurs les plus malchanceux de ces dernières années, voir ce film terminé donne le sentiment d'assister à l'accomplissement d'un miracle. Rolling Eyes

Ensuite, parce que lors du tournage de ce film Gilliam s'est un peu pris la tuile ultime lorsque son acteur principal, Heath Ledger, nous a brutalement quitté suite à une overdose de médicaments qui reste encore tristement mystérieuse pale... Terry Gilliam décide finalement de finir le film, et de prendre trois "remplaçants" pour tourner les dernières scènes manquantes (feinte rendue possible par l'univers fantastique dans lequel se déroule l'histoire, où il n'est pas complètement surprenant de voir un personnage changer de tête) Il met un point d'honneur à faire appel à des amis du défunt, ce sera donc Johnny Depp, Jude Law, et Colin Farrell... Et le film de mystérieusement prendre un interêt tout nouveau...Rolling Eyes

Enfin, parce qu'après le trop consensuel Frères Grimm et le très très étrange Tideland(que personnellement j'aime beaucoup mais que je ne placerais pas entre toutes les mains), tous les fans de Gilliam voient en Parnassus une chance pour lui de renouer avec les chefs d'oeuvres de ses débuts.

Ceux qui ont eu la chance de ne pas faire partie de mon entourage proche en mai dernier Rolling Eyes ignorent peut-être que j'ai eu la chance de voir le film en avant-première au Festival de Cannes. Ce n'est bien sur pas une raison pour ne pas retourner le voir (surtout que j'ai raté le début parce qu'on était trop occupées à faire les yeux de Bambi au vigile pour qu'il nous laisse rentrer dans la salle Rolling Eyes... ce qui a fini par payer donc...), ce qui devra malheureusement attendre puisque il ne passera pas à Canterbury avant novembre (la province je vous jure... <= humour), je resors donc la critique que j'avais fait à la suite du festival, elle est garantie sans spoilers et décrit juste mes impressions quelques jours après la projection. 

Parnassus affiche.jpg

Bon alors, je vais essayer d'en parler sans trop en dire, parce que sincèrement, c'est vraiment un film dans lequel il fait bon se plonger sans trop en savoir. Pour commencer je vais dire que je m'attendais vraiment à ce que ce soit le chef d'oeuvre ultime de Gilliam, un film regroupant toutes les qualités de ses films précédents sans leurs défauts, et bien je n'ai pas l'impression que c'est le cas, c'est "juste" un très très bon Gilliam.

Ne soyez pas déçus tout de suite, déjà parce que vous ne serez peut-être pas du même avis (c'est un film tellement personnel qu'il touchera probablement tout le monde de manière différente, et puis c'est si foisonnant qu'un deuxième visionnage serait le bienvenu pour en parler convenablement) et ensuite parce que les 2h que nous avons sont vraiment sublimes, géniales, et à la hauteur de mes espérances... Il aurait juste manqué une petite demi-heure pour faire de ce film un chef d'œuvre, prendre le temps de clore toutes les "intrigues" et d'en finir avec tous les personnages, et à la fin du film on a un petit goût amère d'inachevé.

En dehors de cela, Parnassus renoue avec bonheur avec les folies du Baron de Münchhausen, en s'attachant aux aventures d'un raconteur d'histoire et de sa clique improbable qui trimballent un théâtre ambulant dans les rues sombres de Londres. On est cependant loin de l'optimisme du Baron car le pauvre Parnassus a la vie dure, et sa confrontation avec le monde "réel" est franchement cruelle. Gilliam signe encore une ode au rêve et à l'imagination, mais les années de galère pour monter ses films l'ont rendu un peu amère, et la mocheté de la réalité, avec ses préoccupations basses et matérielles, est une menace constante pour les rêveurs qu'elle poursuit jusque dans leur imagination.

La famille déglingos de Parnassus, au bout du rouleau, croise la route de Tony, un mystérieux et insaisissable jeune homme. Et là franchement, Heath Ledger est magnifique, charismatique comme c'est pas permis, sympathique est envoûtant. C'est marrant, mais sa gestuelle et même son physique me rappelaient à mort Johnny Depp, comme s'il s'était inspiré de lui pour créer son personnage, c'est assez troublant. Puisqu'on y est, parlons donc des trois guest stars de dernière minute: c'est triste à dire, puisque ça ne se serait pas fait sans la mort de Heath Ledger, mais c'est une idée géniale de donner un corps différent au personnage à chaque fois qu'il traverse le miroir qui le conduit dans le monde de l'imaginaire. Trois acteurs parfaitement choisis, qui reflètent chacun une facette de la personnalité de Tony. C'est tellement bien géré qu'on regrette que ce ne soit pas plus exploité, mais cela donne vraiment un plus à l'histoire. Pour ce qui est des autres acteurs, j'ai beaucoup aimé Lily Cole (qui apparemment est un mannequin très connu en Angleterre) et son visage de poupée à la Christina Ricci, et Tom Waits est génial.

Les séquences dans l'Imaginarium sont aussi magnifiques que la petite vidéo avec les concept art le laissait présager, avec des paysages plus fous les un que les autres qui surpassent vraiment tout ce qu'on peut imaginer, ça fourmille tellement d'idées visuelles qu'on a envie de mettre sur pause pour avoir le temps de bien tout regarder. Seul petit reproche: un abus d'effets spéciaux qui rend certains univers un peu lisse, ça colle pas mal avec l'ambiance rêvée mais personnellement je préfère quand on sent le bon vieux décor en carton qui rend les choses plus réaliste. C'est sûrement un parti-pris, mais ce n'est pas ce que je préfère.
Donc voilà, pour moi ça reste un super bon film, on y plonge les yeux écarquillés comme un gosse, on se laisse entraîner par le plaisir évident que prend Gilliam à nous raconter une histoire. Il y a pas mal de référence, à des films à lui comme à d'autres (dont une à Charlie et la Chocolaterie qui me parait trop évidente pour ne pas être un clin d'œil, je vous laisserez juges...) mais c'est un film très "instinctif" où tout n'est pas expliqué et où c'est au spectateur de s'accrocher et d'interpréter certaines choses. Comme le dit Tony, alors qu'il entraîne une dame dans l'Imaginarium et s'apprête, sans le savoir, à changer de visage, "use your imagination..." 

Le film sort le 11 novembre en France, pour patienter, quelques photos:

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 Le Docteur Parnassus (Christopher Plummer) et le "diabolique" Mr Nick (Tom Waits)...

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La fille de Parnassus, Valentina (Lily Cole), et son charmant assistant, Anton (Andrew Garfield)
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Tony version Heath Ledger...
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Tony version Johnny Depp, un gentil magicien un poil charmeur...
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 Tony version Jude Law, rebelle un peu provoc... 

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Valentina et Tony version Colin Farrell, une facette un peu plus sombre du personnage... 

13:33 Écrit par Eledhwen dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (10)

01/10/2009

A romantic comedy. With zombies.

 Oui alors j'ai enfin vu Shaun of the Dead donc il faut que je vous raconte parce que c'est quand même vachement bien comme film.

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Comme je le disais lors de mon achat du DVD, tout est dans la catchphrase. Bon je n'ai pas une passion intense pour les comédies romantiques, on va dire que ça dépent vraiment lesquelles, mais la perspective de voir ça se mélanger avec un film de zombie me ravissait d'avance, même si au final le "romantique" n'a pas grand chose à voir dans l'affaire... enfin presque.
Quant aux histoires de zombies, j'avoue que j'ai longtemps préféré les raconter plutôt que les voir... En fait, j'aime bien le principe, mais mon gros problème avec les zombies c'est qu'ils sont quand même super moches Embarassed. C'est vaguement verdâtre, ça a souvent trois ou quatre membres et organes qui pendouillent distraitement, et ça traîne la patte en grognant de manière fort peu charmante. Avouez que c'est quand même pas super engageant... si les zombies étaient tous des gros nounours, ou des clones de Johnny Depp, gambadant dans les rues et infectant les gens en leurs faisant des gros bisous bizarrement je serais tout de suite vachement plus réceptive...Rolling Eyes(et ça ferait surement encore plus peur...)

 *s'arrête un moment pour imaginer la scène... drunken * 

Breeeeef, mais bon, le fait d'avoir étudié les films de zombies en cours l'année dernière (et ouais...) m'a pas mal aidé, et maintenant j'aime même assez. J'ai donc vraiment apprécié ce parachutage de personnages un poil névrosés so british dans un classique film de morts-vivants. 

Commençons par le commencement. Le Shaun du titre est un mec sympa mais un peu largué dans la vie. Entre son job pourri, son beau-père envahissant,  ses collocs relou et sa copine qui commence à en avoir un peu marre il ne sait plus trop où donner de la tête. Si bien qu'il met un peu de temps à percuter qu'il se passe un truc pas très très net à Londres, et que bizarrement il y a de plus en plus de passants qui marchent vachement lentement en grognant... 

La première demi-heure est absolument géniale. Mais vraiment. On suit Shaun dans sa petite vie quotidienne, et alors que le spectateur comprend progressivement que des zombies sont en train d'envahir la ville par petites touches plus ou moins subtiles, Shaun lui évite les indices avec une telle habileté qu'on croirait presque qu'il le fait exprès. Sauf qu'on sait très bien que non. Ce qui est énorme, c'est que je suis sure que si il y avait une attaque de zombies ça se passerait exactement comme ça: qui n'a jamais passé une journée complètement plongé dans ses soucis ou ses pensées au point de ne même pas prendre cinq minutes le temps de s'assurer que le monde continue à tourner à peu près normalement? C'est une idée qui n'est pas franchement à notre honneur, mais que je trouve assez juste. D'autant plus que dès le très bon générique on nous montre que finalement il y a des fois où on n'a pas besoin d'une attaque de morts-vivants sanguinaires pour ressembler à des zombies... Le tout nous est montré à travers un montage énergique et diablement efficace et sur une bande-originale comme je les aime, décalée, rock, et en parfait accord (ou en parfaite rupture, ce qui donne parfois des décalages très drôles...) avec l'image. 

Évidemment Shaun finit par comprendre ce qu'il se passe, et la suite du film est donc plus classique, avec quand même des gags jamais gratuits mais toujours mémorables, et des passages excellents. Je retiendrai surtout la déjà célèbre scène des vinyles qu'on m'a racontée 20 000 fois mais qui fonctionne toujours, et le moment où tout le petit groupe de survivants décide d'imiter les zombies pour traverser discrètement un troupeau d'assaillants particulièrement compact...Laughing

Il y a aussi des moments un peu moins drôles, voire même franchement tristes, car les scénaristes anglais sont souvent des grands sadiques qui aiment nous faire passer du rire ou larmes, ou se débarasser soudainement d'un personnage qu'on commençait tout juste à aimer, ce qui est diablement cruel, mais qui nous change un peu de certains schémas habituels...
Tout ça jusqu'à une fin doucement cynique, qui montre la capacité qu'ont les humains à rendre inoffensif et familier le moindre truc un peu bizarre, histoire que ça fasse moins peur, faisant preuve d'une sacré capacité d'adaptation, mais aussi d'un grand talent pour faire l'autruche quand ils ont la preuve qu'il existe encore des choses qu'ils ne comprennent pas. (C'est assez intéressant de constater que l'on retrouve  exactement la même scène (avec des fantômes à la place des zombies) dans le final de la saison 2 de Doctor Who, Army of Ghosts, je suis sure qu'il y a de la référence là-dessous, ou alors c'est vraiment une obsession des scénaristes british du moment...)

 

Et puis bien sur, comme c'est un film anglais la plupart des acteurs ont une tête qui nous est gravement familière ("nous"c'est bien sur "les gros geeks qui passent leurs temps à regarder des séries et des films anglais obscurs que personne d'autre ne connaît" Rolling Eyes...), on passe tout le film à chercher, et à la fin on se rend compte que "ah mais oui bien suuur le mec là c'est celui qui fait le mari de machine dans telle adaptation de Jane Austen" et que "ouais et elle elle fait une des copines de la cousine de la femme du héros dans le dernier Richard Curtis" 

Bon je ne vous présente ni le héros Simon Pegg, ni son beau-papa Bill Nighy. Par contre j'ai mis à peine 20 min à me rappeler où j'avais déjà croisé la maman de Shaun, ce qui, pour une totale non-physionomiste comme moi, relève du quasi-miracle: 

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Harriet Jones, Prime Minister...

Elle est aussi attachante ici que dans Doctor Who (car oui, moi je l'aime bien Harriet, et je trouve que le Docteur et ben il est pas cool avec elle, na!) et joue toujours aussi bien.

Et comme il n'y a rien qui ressemble plus à un gros à lunettes qu'un gros à lunettes ça ne m'était pas forcément venu à l'idée qu'ils pouvaient tous être la même personne Rolling Eyes: Ed (même si ici il n'a pas de lunettes Rolling Eyes ...) est interprété par Nick Frost, le même que celui qui joue au poker avec James "marry me" McAvoy dans Penelope, et qui fait l'un des DJs de The Boat that Rocked.

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Et puis il y en a une qui a bien grandi, c'est la petite Maria Lucas de Pride and Prejudice1995, interprétée par Lucy Davis. Je l'adore dans P&P, elle est trop mimi avec ses graaaands yeux tout étonnés, et ben je l'aurais pas reconnue... 

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Enfin il y en a une autre où j'ai mis du temps à percuter, c'est l'ex de Shaun, Yvonne, que l'on croise dans quelques scènes mémorables, j'étais persuadée de l'avoir déjà vu mais impossible de retrouver où...

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Pourtant quand je vois cette photo ça me semble vraiment super évident, j'ai trop du mal Rolling Eyes... Yvonne n'est autre que Jessica Hynes, qui nous a fait pleurer comme des fillettes tant émus en nurse Joan Redfern dans la saison 3 de Doctor Who, le génialissime double épisode Human Nautre/The Family of Blood. Et ouais.

Tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimé ce film, à la fois très intelligent et très drôle, et que j'en redemande!

22:21 Écrit par Eledhwen dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (7)