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27/02/2012

Tinker, Tailor, Soldier, Spy (La Taupe)

Le film divisant pas mal, j'éprouve une très forte envie de ramener ma fraise .

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C'était une de mes grosses attentes de ce début d'année, depuis que j'avais vu la bande-annonce lors de son passage au festival de Venise, et que j'avais eu le bonheur de découvrir son casting parfait à la limite de l'orgie britanniquophile.... Et bien après deux visionnages, je fais définitivement partie des convaincus, j'ai même adoré, et c'est un de mes gros coups de cœur de ce début d'année. Après, une histoire d'espionnage au moment de la Guerre Froide, l'Intelligence Service, la fine fleur des acteurs britanniques serrée dans des beaux costumes gris, limite on dirait que c'est un film fait exprès pour moi . On reproche beaucoup au film (et à John Le Carré en général d'ailleurs) d'être incompréhensible, mais honnêtement je l'ai trouvé bien plus facile à suivre que la plupart des autres films du genre. Alors c'est sur, il faut s'accrocher un peu, et c'est un film qui prend son temps, mais c'est aussi ce qui fait son pouvoir de fascination. Et puis quelque part, peu importe que l'on ne saisisse pas toutes les subtilités de l'intrigue, cela fait partie du jeu, et j'ai aimé la manière dont elle se révèle par couches successives, par récits imbriqués qui se complètent ou se contredisent, par on-dits... On suit ainsi très bien les enjeux de la danse macabre qui s'installe entre tous ces agents qui vivent dans un monde à part où collègues et ennemis se confondent si facilement. Il y a quelque chose de triste, et d'un peu vain, dans cette guerre entre services d'espionnage qui s'incarne dans ces hommes gris et fatigués au point d'envahir leurs gestes les plus quotidiens. Car les meilleurs espions sont ceux qui laissent leur fonction contrôler le moindre détail de leur vie, qui sont prêts à tout sacrifier pour se fondre dans le décor, pour finir par ne même plus avoir de visage, comme l'insaisissable Karla que plusieurs ont rencontré mais que personne n'est capable de décrire... Mais en arriver là est tellement difficile, car oui, il y a des cœurs qui palpitent sous la grisaille et le poids des missions et de l'administration, et cela est rendu avec beaucoup de subtilité et d'élégance par un casting sans fautes: Gary Oldman, qui en dit tellement d'un simple regard désabusé, Colin Firth, trop flamboyant pour son bien, Benedict Cumberbatch, toujours magnifique de sobriété et de justesse, Toby Jones, Tom Hardy, John Hurt... On a envie de citer tout le monde! Et ils arrivent tous à montrer le mélange de froideur et de faiblesses qui caractérise ces personnages, tout en leur donnant chacun une personnalité propre.

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Enfin je trouve le film absolument magnifique visuellement: c'est sur que ce n'est pas hyper festif, mais c'est typiquement un genre de mise en scène que j'aime beaucoup: très soignées, pleine de gros plans hyper précis et de cadres étranges avec des messieurs de dos... et les décors sont superbes et apportent beaucoup à l'esthétique stylisée du film. Bref, un film très riche, intelligent et classe, si vous aimez ce genre de choses et que vous savez un peu à quoi vous attendre (beaucoup de gens ont quitté la salle en cours de route...), je le recommande fortement!

VOILA, sur ce, j'ai une note sur Sherlock qui attend toujours desespérément que je la finisse (je pense avoir atteint les 8000 pages...), et Alice Liddell m'a taguée comme une malapprite, alors il va falloir que je réponde... See you soon!

23:00 Écrit par Eledhwen dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4)

22/11/2009

Dorian Gray...

J'ai cherché un titre fun... Mais en fait non...

Donc oui, il y a déjà deux bonnes semaines je suis allée voir Dorian Gray au cinéma. Évidemment j'y allais avec un peu d'appréhension puisque il s'agit d'une nouvelle adaptation du Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, plus connu dans ma petite mythologie personnelle sous le nom de "un de mes romans préférés que je connais par coeur jusqu'à la moindre virgule alors fait gaffe à ce que tu fais avec mec, je t'ai à l'oeil!" Rolling Eyes Laughing

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Hé ben… C'était pas terrible hein...

Alors en tant que film déjà c'est vraiment pas top. C'est même un catalogue assez complet de tout ce que je déteste dans le cinéma thriller/action en ce moment, tout à fait dans la lignée des nazeries pseudo-victoriennes à la Van Helsing et autre Arsène Lupin... Et que je fais mumuse avec la caméra, je zoom d'un coup, je ralenti, j'accélère à fond, sans compter l'abus des plans penchés, qui devraient toujours être consommés avec modération… Dieu que c'est moche, et fatiguant Rolling Eyes... Du coup, les décors et les costumes ont beaux être bien jolis (sans être exceptionnels) ils ne sont pas franchement mis en valeur… Le son est également insupportable, avec un abus "d'effet de lointain" (je ne connais pas le terme technique, vous savez quand on a l'impression que la personne parle de très loin ou sous l'eau) des effets sonores assez peu heureux (l'espèce de bruit de vomissement que fait le portrait à chaque fois que Dorian fait un truc mal… classe… Rolling Eyes) et une musique pseudo mystérieuse/planante très très lourde. C'est rare que ce genre de chose me gêne autant, mais là ça m'a vraiment choqué.

Passons aux acteurs. Bon Ben Barnes, il est bien mignon et il fait assez bien le jeune niaiseux qui se métamorphose en grand salopard, mais c'est pas non plus transcendant. Et puis il est loin d'avoir cette beauté divine qui attire tous les regards et qui donne envie de le contempler pendant des heures (sérieux au bout de 3 ou 4 gros plans moi j'avais déjà fait le tour…), sans compter qu'il n'est pas non plus follement expressif, mais bon il ne s'en sort pas si mal. Je me réjouissais de voir Colin Firth dans le rôle de Lord Henry, et comme je m'y attendais il est très bien, mais tristement sous-exploité, et il n'a ainsi pas droit au flamboiement du Lord Henry de George Sanders dans l'adaptation de 1945. Quel gâchis, le simple fait de sous-exploiter Colin Firth dans un rôle aussi génial, ça mérite des baffes... De la même manière Sybil Vane est parfaite, interprétée par Rachel Herd-Wood qui est décidément abonnée aux rôles de jolies rousses à la beauté préraphaélite (cf le Parfum), il faut dire qu'elle a parfaitement la tête de l'emploi et qu'elle est adorable de candeur, mais pareil on ne peut pas dire qu'elle soit très bien utilisée... Seul le personnage (rajouté) de la fille de Lord Henry, interprété par la Vicky de Vicky Christina Barcelona, apporte un peu de vie à tout cela...

Bref, non seulement le film n'a pas un grand interêt artistique mais en plus on ne peut pas dire qu'il soit vraiment prenant. Paradoxalement il manque de vie, de dialogues incisifs, de personnages creusés, de sensualité, et tout simplement de profondeur. Évidemment tous les propos un peu philosophiques du livre ont disparu, des allusions au dandysme, à l'art, et à l'hédonisme jusqu'aux réflexions sur la jeunesse et le bouleversement de la société à l'aube du XXème siècle. Disparue aussi toute la complexité de la double vie que mène Dorian, puisque ici les grands salons de la haute société et les bars mal famés se mélangent joyeusement dans un grand bordel (au sens littéral...) généralisé. Et bien sur, là où le livre restait toujours élégamment subtil, le film arrive avec ses gros sabots pour bien nous mettre le nez dans des trucs qu'on aurait largement pu comprendre tous seuls, merci bien. Oui on a compris qu'il y a des allusions homosexuelles et que les trois personnages masculins principaux sont un poil ambigus, oui on a compris que Dorian mène une vie de dépravé, merciii... ça tombe bien j'adoooore qu'on me prenne pour une gourde, c'est même ma grande passion dans la vie Rolling Eyes... Tout le talent du livre est de ne jamais trop en dire; on sait que Dorian mène une vie horrible, on devine des choses affreuses, des réputations bafouées, des amis trahis, de l'alcool, de la drogue et des femmes faciles... Mais on ne sait jamais vraiment, ce qui bien sur nous laisse le plaisir d'imaginer le pire... Ici on nous balance joyeusement à la gueule des scènes de bordel pas non plus franchement subversives, et tout à coup il nous parait bien inoffensif le Dorian...

Bon je passe sur les incohérences et les absurdités, sur les rajouts plus ou moins heureux (certains sont pas mal, d'autre euh...), sur l'abus d'effets spéciaux et sur la fin abominable... (Mais pourquoi vouloir changer la fin du livre? Elle est si parfaitement simple, si joliment tragique... Bon forcément elle est un peu subtile et manque d'explosions et de flammes géantes, mais quand même...) Franchement c'est un joyeux gâchis, d'ailleurs toute la salle était régulièrement morte de rire, je n'avais jamais vu ça...

Bref, je pensais à Sweeney Todd et à son Londres délicieusement poisseux et grouillant, rempli de personnages à double face (j'ai alors réalisé qu'inconsciemment il y avait beaucoup de choses dans Sweeney Todd qui m'avaient fait penser à Dorian Gray, jusqu'au petit Anthony qui ferait un très bon Dorian d'ailleurs), et au Scorsese du Temps de l'Innocence qui n'a pas son pareil pour nous faire resentir l'hypocrisie et le mélange de retenue et de sensualité de la haute société de la fin du XIXème siècle, et je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que non, franchement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce film... 

J'ai cherché la date de sortie en France mais elle a complètement disparue de la toile, bizarrement après l'accueil assez peu chaleureux qu'a reçu le film ça ne m'étonne pas trop que les distributeurs se soient fait la malle... Enfin, si quelqu'un d'autre a l'occasion de le voir, ça m'intéresserait d'avoir un autre avis.

Sur ce je m'en vais relire le livre et me retrouver MES personnages à moi que j'aime. Mon Lord Henry qui a la classe, mon Basil probablement-ambigu-mais-on-sait-pas-trop-et-c'est-bien-mieux-comme-ça, et mon Dorian dont Jude Law n'est qu'une pâle copie... (Car oui, vous saurez que j'ai lu Dorian Gray avant de découvrir Jude Law, ne suis-je pas follement bien éduquée comme fille? Cool)
(Remarquez, je ne suis pas sure qu'Oscar Wilde fasse vraiment partie de l'éducation de base d'une jeune fille de bonne famille Rolling Eyes... Mais que voulez vous, ce n'est pas de ma faute si j'ai grandi dans un environnement malsain où on m'a poussé à lire des trucs impies et inadaptés à ma fragile sensibilité féminine, je devrais me plaindre tiens...)

20:08 Écrit par Eledhwen dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (10)